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Dans la mer il y a des crocodiles
Dans la mer il y a des crocodiles
l’histoire vraie d’Enaiatollah Akbari


traduit de l’italien par Samuel Sfez

«Littérature étrangère»
Date de parution : 05-01-2011
14 x 21 cm - 176 pages
isbn : 978-2-86746-558-1
15 €
 





Dix ans, ou peut-être onze. Enaiat ne connaît pas son âge, mais il sait déjà qu’il est condamné à mort. Être né hazara, une ethnie haïe en Afghanistan par les Pachtounes et les talibans, est son seul crime. Pour le protéger, sa mère l’abandonne de l’autre côté de la frontière, au Pakistan. Commence alors pour ce bonhomme «pas plus haut qu’une chèvre» un périple de cinq ans pour rejoindre l’Italie en passant par l’Iran, la Turquie et la Grèce. Louer ses services contre un bol de soupe, passer les frontières dissimulé dans le double-fond d’un camion, braver la mer en canot pneumatique, voilà son quotidien. Un quotidien où la débrouille le dispute à la peur, l’entraide à la brutalité. Mais comme tous ceux qui témoignent de l’insoutenable, c’est sans amertume, avec une tranquille objectivité et pas mal d’ironie, qu’il raconte les étapes de ce voyage insensé.


À propos

«Un récit d’enfance hors du commun: magique.» Télérama (lire la suite)
«Un roman dramatique traversé par la grâce et l’ironie.» Le Monde des livres (lire la suite)
«Si ce livre vaut pour la force de ce parcours, il tire aussi sa préciosité de sa valeur littéraire.» La Croix (lire la suite)
«C’est l’immigration soudain incarnée, avec une voix, une épaisseur déchirante.» Marianne (lire la suite)
«Ce roman initiatique fort et émouvant est un livre utile, une leçon de vie.» Le Nouvel Observateur (lire la suite)
«L’émotion vient toute seule au fil des pages et des pas d’Enaiat. La poésie aussi.» Rolling Stone
«Le journal d’une aventure.» Le Canard enchaîné
«L’exploit de ce livre, c’est d’être à la fois un récit-vérité, mais aussi une histoire à l’incroyable force romanesque.» La Vie (lire la suite)
«Impressionnant de courage et de dignité humaine.» L’Humanité
«Un véritable manuel de survie.» Canal +
«On est porté par l’émotion tout au long.» France Culture
«Fabio Geda nous raconte ce périple avec poésie et délicatesse. Il laisse parler la mémoire d’Enaiat» Ouest-France (lire la suite)

«L’histoire d'Enaiat Akbari se lit presque comme un conte alors même qu'elle témoigne d'un drame humain vécu à chaque seconde par des milliers et des milliers d'individus de part le monde.» Librairie Les Cordeliers
«Dans cette réalité dure et cruelle, tout n'est pas noir et de nombreux personnages sont attachants, généreux, dépeints souvent avec humour.» Librairie Payot

«Geda parvient à rendre à ce jeune garçon un langage léger et poétique, jamais cynique ni dur malgré le contexte cruel.» Corriere della Sera
«Un livre magnifique qui met en lumière la dignité d’un être humain et le courage de survivre.» Vanity Fair

Entretien avec Enaiat Akbari
Enaiat, racontez-nous dans quelles circonstances votre mère vous a abandonné?
Elle m’a emmené au Pakistan, est restée auprès de moi deux nuits, puis elle est partie. Et je ne l’ai pas vue depuis onze ans.
Comment avez-vous compris que ce geste était destiné à vous sauver?
Je lui ai écrit une lettre que j’ai essayé de lui faire passer par quelqu’un à Quetta. Cet homme m’a dit: «Reprends-la ; ta mère t’a fait un cadeau en t’amenant jusqu’ici. Elle t’a fait cadeau de ta vie en risquant la sienne.» C’était vrai…
Que seriez-vous devenu si vous étiez resté en Afghanistan?
Impossible de le savoir. Peut-être que j’aurais sauté sur une mine… Que je serais devenu kamikaze… Tout peut arriver à un enfant là-bas.
Qu’est-ce qui a manqué le plus à l’enfant que vous étiez?
En y repensant maintenant, je dirais : tout !
Vous semblez pourtant heureux?
J’ai toujours été heureux. J’étais chaque jour plus heureux parce que j’étais en vie.
A-t-il été difficile de raconter cette histoire?
Ça a été un gros effort. J’ai dû reconstruire une partie de ma vie, et sans Fabio Geda, je n’y serais pas parvenu. Je suis content de l’avoir fait, car cela me permet de faire comprendre aux autres la vie des immigrants, des immigrants afghans en particulier. Peu de gens se demandent quel est le passé d’un clandestin, pourquoi il est monté dans un bateau. Beaucoup oublient qu’il est difficile d’abandonner son pays, et que l’on ne vient pas en Europe pour vous embêter. Mais il y a des personnes pour qui tout cela a été bien pire. C’est aussi leur voix que j’ai voulu porter sur le papier.

Entretien avec Fabio Geda
Fabio, comment est né ce livre?
J’ai rencontré Enaiat il y a trois ans, au Centre interculturel de Turin. Il était en train de raconter son histoire, et moi j’étais là, avec mon éditeur. Nous avons eu un coup de foudre. Pas seulement pour le récit de ce voyage inouï, mais pour la façon dont il le racontait. Par le regard que, malgré tout, il parvenait à poser sur sa propre vie. Jamais compassionnel, mais décidé, authentique, et parfois même ironique. Il racontait en regardant vers l’avenir.
Que voulez-vous dire?
Je pense qu’il était conscient du fait que les histoires comme la sienne peuvent changer la façon dont on perçoit l’autre, l’autre différent de nous. Enaiat connaît la valeur des choses, et de la vie. La seule manière de pactiser avec son passé est de parvenir à le regarder de l’extérieur.Voilà pourquoi ce livre est né.
Comment avez-vous travaillé ?
Nous avons passé ensemble des jours et des jours. Ses souvenirs remontaient, confus et incomplets. Peu à peu, nous avons mis de l’ordre dans ce magma et reconstitué son parcours en cherchant sur Internet chaque étape. C’est là que le récit a commencé à surgir. En rentrant chez moi, je réécoutais ce que j’avais enregistré et j’essayais d’utiliser ses mots à lui. J’ai surtout tenté de me mettre à l’écoute des non-dits qui accompagnent toujours les récits. En cela, mon expérience d’éducateur m’a beaucoup aidé.