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Le livre
Une cité saturée des bruits de bottes des militaires. Des foules hypnotisées par les sermons des muezzins. Des laissés-pour-compte enflammés par les fontaines de miel et les alcôves de lubricité du paradis annoncé. Dans ce climat oppressant, Yamine l’anarchiste tente de soulever les foules par ses harangues enflammées. Une véritable armée subversive se met en place.
Dans un style incantatoire, l’auteur nous entraîne auprès de ses personnages, des marginaux qui tentent de survivre. Malgré leur détresse et leur pauvreté, ils ont en eux une force de vie, un désir de combattre qui les mènera aux heures de braise libératrices.
À travers les images et la langue que l’auteur manie admirablement, c’est toute la tragédie des pays du Maghreb, écartelés entre le pouvoir officiel et l’islamisme, qui est ici décrite.
Extrait
« Les embuscades de policiers déguisés en mendiants, les barrages dressés inopinément, ne dissuadent pas Yamine de jeter de temps en temps ses moustaches, ses turbans et ses frusques de camouflage, pour ridiculiser les officiers de l’ordre public en agitant sous leur nez un drapeau rouge. Il ordonne le soulèvement des unijambistes, des proscrits, des évadés de l’hôpital et des trafiquants d’encens. Il esquive les coups de pied des imams et essouffle leurs ouailles par ses trots surprenants. La montée enflammée vers la grâce et l’impulsion tumultueuse vers la pénitence compliquent cependant ses menées subversives. Électrisées par les élans de vertu, les milices de la foi saccagent les bars, invectivent les fumeurs de marijuana et chassent à coup de fouets les zazous du front de mer. »
La presse
"Reda Bekhechi doit admirer Kateb Yacine et Jean Genet, sous le parrainage poétique desquels il signe ce chant d'amour et d'espoir, appel au soulèvement des rêveurs" Valérie Marin La Meslée, Le Monde
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