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Canal Mussolini
Canal Mussolini

traduit de l’italien par Nathalie Bauer

«Littérature étrangère»
Date de parution : 05-01-2012
14 x 21 cm - 512 pages
isbn : 9782867465857
23 €

 Version numérique
  Format ePub : 8,49 €
  ISBN : 978-2-86746-661-8

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Les Peruzzi: dix-sept frères et soeurs, une tribu. Des paysans sans terre, tendance marxiste, à la tête dure et au sang chaud. Parce qu’un certain Benito Mussolini est un ami de la famille, ils abandonnent le rouge pour le noir. En 1932, avec trente mille autres affamés, ils émigrent dans les marais Pontins, au sud de Rome, où démarre le chantier le plus spectaculaire de la dictature. Huit ans sont nécessaires pour creuser un gigantesque canal, assécher sept cents kilomètres carrés de bourbiers infestés de moustiques et bâtir des villes nouvelles. Enfin, les Peruzzi deviennent propriétaires de leurs domaines. Mais tandis que l’histoire emporte les aînés dans le tourbillon des conquêtes coloniales et de la Seconde Guerre mondiale, au Canal, les abeilles d’Armida, l’ensorcelante femme de Pericle, prédisent un sombre avenir. Entre chronique et farce, Pennacchi signe un roman époustouflant où la saga d’une famille sur trois générations croise un demi-siècle de l’histoire italienne.


À propos

«Le destin des Peruzzi est pris dans celui de l’Italie. La politique, le sentiment et l’action sont tressés d’une main ferme.» Libération
«Antonio Pennacchi est un écrivain qui pratique la littérature comme un art de combat et n’a pas peur des défis ambitieux.» Le Monde des livres
«Il joue du grand angle, de la saga, du Technicolor. » Marianne
«A l’image de la vraie vie, rires et pleurs s’enchaînent sur fond de tragédie. Terrifiant.» Sud-Ouest Dimanche
«Tout en digressions et folklore. » Grazia
«De l’exode des Peruzzi, Pennacchi a fait une sorte de western, une épopée. » Lire
«Une conquête de l’Ouest à la mode du Duce.» L’Express
«Un roman fleuve drôle et nostalgique. » Metro
«Œuvre d’une vie, sa vie, celle des siens, leur chagrin, leurs errements, la disparition conjointe d’une classe sociale et d’une espérance. » Livres Hebdo
«Une truculence éblouissante et une ironie empreinte de bienveillance. » Le Nouvel Observateur
«Avec le roman de sa vie, Pennacchi nous délivre le grand livre de la faiblesse des hommes, imposée par l’absurdité de leur condition. » Les Echos
«Pennacchi relit un demi-siècle d’histoire italienne fasciste avec une verve paysanne bourrée d’humour et une franchise politiquement incorrecte aussi stupéfiante que désarmante.» La Vie
«L’écriture, mêlant tournures archaïques et truculence délirante, vient encore renforcer la puissance d’évocation de cette œuvre époustouflante.» Le Progrès
«Il donne à une simple histoire paysanne le ton et l’allure d’une épopée.» Télé Z
«Le récit se lit comme une aventure enthousiasmante, parsemé de détails savoureux et réellement inédits pour qui connaît peu l’histoire de l’Italie. » Actualitte.com

«Pennacchi raconte la bonification des marais Pontins à la manière de la conquête de l’Ouest. Magnifique.» Corriere della sera

Conversation avec Antonio Pennacchi

Comment est né Canal Mussolini?
Je suis dépositaire de tant d’histoires que je dois les chasser tellement elles sont envahissantes. Je suis devenu écrivain parce qu’il fallait absolument les raconter. Je porte ce roman depuis cinquante ans; j’en ai aujourd’hui soixante ! J’y ai mis la vie de ma mère, émigrée de Vénétie, et celle de mon père, qui a travaillé à l’assèchement du marais. Tous ces événements se sont réellement produits, dans ma famille ou d’autres déplacées dans l’Agro pontin sous Mussolini.

Quelles sont les raisons de cet exode massif?
Ce n’est pas l’idéologie qui poussait les gens. C’est la misère et la colère. En 1932, les paysans du Nord (de Vénétie, du Ferrarais…) couraient au siège du parti fasciste pour demander à partir parce qu’ils crevaient de faim.

Votre roman prend le contre-pied d’un certain courant littéraire intimiste…
Moi, je ne sais raconter que des histoires vraies. Le rôle de l’auteur, ce n’est pas d’inventer la réalité mais de donner la possibilité de regarder le réel d’un autre point de vue. À ce titre, La Genèse ou La Chanson de Roland sont des romans historiques formidables. Chez Steinbeck ou Dante, l’universel se réduit à quelques kilomètres carrés.

Vous retracez la vie de toute une communauté dans ses moindres détails. Comment avez-vous fait pour les collecter?
Pendant des années, je me suis promené pour recueillir des anecdotes, m’informer sur l’architecture des maisons anciennes, les recettes de cuisine, les pompes hydrauliques utilisées pour aspirer la boue des marais, les techniques agraires… Dans cette histoire, tout est authentique!

Aucune invention? On a du mal à vous croire…

Le seul ajout, c’est la manière de raconter et de relier les différents pans du récit. Celui-ci se dévide comme une confession, en n’hésitant jamais à éclairer les coins d’ombre, sans complaisance, attisant au besoin le sentiment de honte, mais faisant aussi advenir l’amour, la pitié, la compassion, en un mot l’empathie. Ce qui rend une narration poignante, c’est le degré d’empathie.

Comment se mesurer avec le fascisme, toile de fond de votre livre?

Moi, je n’explique rien, je raconte. En Italie, c’est plus difficile qu’en France de faire le tri dans son héritage. La dictature fasciste n’a pas tout de suite été raciste. La bonification était une reconquête des terres au profit des plus pauvres. Mais il y a des questions que le pays n’a pas encore affrontées. Je pense avant tout à la responsabilité sur les lois raciales. Il n’y a pas eu de manifestations de désaccord sur ce point. Dans leur ensemble, les Italiens ont dit «je m’en fous, je ne suis pas juif». Parler du mal, c’est l’exorciser, nous en délivrer, dire enfin : plus jamais ça !

Que représente pour vous, qui vous définissez comme autodidacte, l’attribution du prix Strega?

Ce n’est pas moi qui ai gagné ce prix, ce sont tous ceux de l’Agro pontin. D’ailleurs, lors de la remise du prix, tout le monde m’appelait au téléphone depuis Latina pour me dire : «Nous avons gagné le Strega! »